Hawthorne par Henry James (traduit par Sophie Menoux)



Henry James, Hawthorne. Paris : José Corti, collection « En lisant, en écrivant », 2000, 352 pages. Traduction, préface et dossier iconographique. Publié avec le concours du CNL. 

 

            Cet ouvrage comporte la traduction inédite du célèbre essai d’Henry James sur Nathaniel Hawthorne. Traduit pour la première fois (depuis 1879), ce texte est d’une difficulté redoutable pour le traducteur, l’ambivalence de l’auteur envers son objet d’étude constituant le principal écueil, l’abondance des références, plus ou moins explicites, et des citations de nombreux auteurs contemporains constituant l’autre difficulté (voir sur ce point l’article évoqué au paragraphe n° 10).

            La préface, intitulée « Une reconnaissance de dette ambiguë et tortueuse envers le père spirituel américain » (28 pages) est rythmée par des sous-titres évocateurs du mélange d’admiration (plus ou moins contrainte) et de condescendance de James envers ce héros de la littérature nationale : « Né un 4 juillet », « Portrait de Hawthorne en père fondateur », « Un Américain en Europe », « Tuer le père américain ? ». L’ouvrage comporte aussi des notes de la traductrice ainsi qu’un dossier iconographique (photographies personnelles prises à Salem et à Concord).

            Se trouve inséré en annexe un article totalement inédit, même aux Etats-Unis, à l’époque de la publication (en raison des références erronnées de James et de l’emploi d’un pseudonyme par Hawthorne), auquel James renvoie dans sa biographie : « De la guerre, par un pacifiste » (« Chiefly about War Matters, by a pacifist ». Ce texte remarquable, découvert à la New York Public Library, est ici traduit par SGM, avec les commentaires de l’éditeur de cet article largement censuré par ailleurs : on y découvre un Hawthorne bien différent de celui dépeint par James : courageux reporter de guerre en juillet 1862, il parcourt les Etats-Unis en pleine guerre de Sécession, et livre avec beaucoup d’humour des réflexions jugées hautement « impolitic » par son éditeur.

 

Ouvrage cité et commenté dans « Mauvais genres » (France Culture) ; compte rendu de lecture dans Libération.