La politique américaine d'aide au développement: conflits entre le Président et le Congrès -1947-1979 (Claude Féral)



Après la fin de la deuxième guerre mondiale et surtout à partir des années 1960, le renforcement de l'interdépendance économique des Etats-Unis a fait apparaître au grand jour l'inégalité de leur croissance, et les pays riches ont estimé ne plus pouvoir subsister dans un monde de misère. La nécessité de l'aide s'est alors imposée peu à peu à la diplomatie traditionnelle. La notion d'aide s'est affirmée progressivement à travers les diverses politiques nationales des pays industrialisés et la pratique de l'aide, sinon sa politique, est devenue un facteur constant de première importance dans les relations entre les pays riches et les autres rassemblés sous le vocable de "tiers-monde". Dans l'aide fournie aux pays en voie de développement, l'aide publique américaine occupait une place unique, car entre la fin de la deuxième guerre mondiale et 1974, elle constituait l'essentiel de l'aide fournie par les pays industrialisés, aussi bien sur le plan bilatéral que sur le plan multilatéral.

Montants annuels et modalités de l'aide américaine au développement sont déterminés au moment du vote annuel de la loi d'aide, dans le contexte interne des rapports entre le Président et le Congrès. Ces rapports sont tendus car l'aide fait partie de la politique extérieure, domaine de l'initiative présidentielle selon le Droit Constitutionnel américain, mais domaine dans lequel le Congrès tient à conserver les prérogatives, budgétaires notamment, que lui accorde la Constitution. Dans ce contexte conflictuel, les modalités de l'aide représentent des compromis auxquels parviennent Congrès et Président dans leur lutte pour la conduite de la politique étrangère.

 

Diffusion : L'Harmattan, Paris, 2001 

 

Claude BRISSAC-FERAL est Docteur d'Etat en Sciences Politiques et agrégée d'Anglais. Actuellement maître de conférences au Département d'Etudes du Monde Anglophone de l'université de La Réunion, elle est responsable depuis 1991 du Groupe de Recherches sur l'Afrique du Sud au sein de l'ORACLE et privilègie une approche comparatiste de la civilisation des pays anglophones