La voix maudite: Trois nouvelles fantastiques de Vernon Lee (Sophie Menoux)



Vernon Lee, La voix maudite ; nouvelles. Traduction, préface, postface, notes et une nouvelle inédite de S. Geoffroy-Menoux. Rennes : Terre de Brume, coll. « Terres fantastiques », 2001. 176 pages. Publié avec l’aide du CNL.

 

Cet ouvrage présente une édition critique de trois nouvelles fantastiques de « Vernon Lee » caractéristiques de son fantastique hétérosémiotique ou trans-artistique. Le livre propose d’abord une présentation générale de l’auteur : Violet Paget, dont le pseudonyme masculin s’inspire du nom de son demi-frère, le grand poète victorien Eugene Lee-Hamilton, née en France et décédée à Florence. Grande voyageuse, cette femme de lettres cosmopolite de la période victorienne et édouardienne, proche des plus illustres artistes de son temps (Robert Browning, Henry James, notamment), amie d’enfance du peintre américain John Singer Sargent, parcourut toute l’Europe à la recherche du genius loci et de l’âme du beau. Amateur d’art éclairée, saluée dès son premier ouvrage (Studies of the Eighteenth Century in Italy, 1880) pour l’étendue de son érudition, sa sensibilité à fleur de peau, mais redoutée pour son intelligence et sa culture infaillibles et la lucidité féroce de ses anlayses, elle se fixa à Florence, où elle passa 50 ans de sa vie et mourut. On doit à ses recherches inédites, à son empathie fusionnelle pour les choses du temps jadis et à l’incomparable magie de sa puissance d’évocation de l’âme du passé, mais aussi à d’irrémédiables tourments intimes, à sa solitude fondamentale et à sa difficulté d’être, une cinquantaine d’ouvrages : récits de voyage, essais sur la peinture, la sculpture, la musique ou la littérature, romans, contes inspirés par les tradutions populaires ou la Commedia dell’arte et nouvelles fantastiques.

 

Les nouvelles sont précédées par une introduction critique et suivies de notes abondantes. La titrologie de l’introduction à « Winthrop » et à « La voix maudite » est évocatrice de l’amitié particulière qui unit les protagonistes de ces textes : Farinelli et Metastasio, mais aussi Vernon Lee et John Singer Sargent : « Caro Gemello », « That eerie midnight », « L’œuvre–seuil », « Sources et modèles historiques », « Un personnage considérable », « Un naturel tendre, une amitié légendaire », « Les portraits de Farinelli : une histoire rocambolesque de malentendus et de quiproquos », « « Repent, my dear wizard, repent of your crimes ».

 

Ces titres et les quelque 153 notes (pour la seule première partie) sont révélateurs de l’ampleur de mes recherches archivales, qui nécessitèrent la consulation de textes anciens en anglais et en italien, ainsi que de tableaux (portraits de Farinelli), de partitions musicales, et d’ouvrages sur l’histoire de la musique (Burney), de biographies de musiciens célèbres, sans oublier la correspondance de Métastasio et de Farinelli. Les deux nouvelles musicales dont je publie la traduction sont aussi suivies de 31 notes finales.

 

La troisième nouvelle, « La Vierge aux Sept Poignards », est également précédée d’une introduction critique (« un fantastique mystique aux confins du baroque et du grotesque ») accompagnée de notes.

 

Traduction et appareil critique (notes, introductions, bibliographie) comportent de larges extraits (tous traduits par moi) des ouvages de Charles Burney, ainsi que de lettres (inédites) et de textes inédits de Vernon Lee (avec l’autorisation de la Colby Library). En guise de postface est offerte une nouvelle fantastique de l’auteur (« Poggio Bracciolini »).