Laurent MEDEA est titulaire d’un Doctorat en Sociologie Culturelle de l’Université de Warwick (Grande-Bretagne) et d’un post-Doctorat en Sociologie de la Déviance à l’Université de la Réunion. Ses recherches doctorales focalisaient sur les interactions entre la créolisation et la domination et l'influence de ces interactions sur le processus de la formation de l’identité culturelle et sociale à La Réunion. Sa recherche post-doctorale a tenté de comprendre comment les facteurs environnementaux et individuels interviennent pour expliquer le passage à l’acte d’un individu plutôt qu’un autre dans la délinquance juvénile.

 


Son Doctorat


La thèse contribuait à étudier les interactions entre la créolisation et la domination et l'influence de ces interactions sur le processus de la formation de l’identité culturelle et sociale à La Réunion. Son objectif était de savoir si l’idée de la Créolisation est définie comme une forme de la formation de l'identité locale dans une société Créole et si la Créolisation est viable dans un contexte d’assimilation métropolitaine.

Pour cela, il a essayé d’analyser la formation et la construction de l’identité sociale et culturelle en se focalisant sur l’aspect sociolinguistique de l’identité notamment sur la formation socio-historique de la langue Créole qui lui a permis de comprendre la formation de la culture Créole et des structures sociales.

Il s’est ensuite penché sur les conséquences de la Départementalisation sur l'identité pour décrire l’identité née de ce processus politique et économique. Son but était de re-définir les transformations sociales et identitaires en revisitant la notion de néo-colonialisme. Il a choisi comme méthode une enquête empirique. Il a utilisé un questionnaire qui s'adressait à toute l’île sur une durée de 12 mois. Dans cette enquête ‘nationale’ il a sélectionné et ciblé un groupe de gens nés après la seconde guerre mondiale. Son but dans était d'étudier les phénomènes socioculturels apparus dans l'analyse de ces 699 questionnaires composés de 73 questions avec un choix de réponse entre 5 et 10 soit plus de 250000 données traitées.

Dans son cas il a travaillé largement dans le cadre épistémologique du positivisme. C'est-à-dire que selon cette méthodologie on peut atteindre une vérité objective en se basant sur des questionnaires. La force de cette méthode quantitative c’est que les résultats peuvent être généralisé à des larges populations avec un grand degré de certitude. Utiliser des méthodes quantitatives basés sur des études d’enquêtes pour comprendre les comportements culturels à La Réunion est un concept relativement nouveau et original.

Laurent Médéa a voulu donner une nouvelle dimension à l'étude de l'identité culturelle en donnant la parole aux Réunionnais. Il leur a demandé quel était leurs avis sur des points précis et pour faciliter les analyses il a converti leurs opinions dans des représentations statistiques. Ce questionnaire est la première tentative majeure d’échantillon d’opinion sur le sujet de l'identité culturelle à La Réunion et pose les question qui n’ont jamais été posées avant.


Son Post-Doctorat


La question de la délinquance juvénile à la Réunion est un sujet qui a été peu étudié au niveau local, les principales données de cette étude porte émanent d’un important travail de terrain (18 mois). La démarche méthodologique adoptée pour la conduite de cette recherche montre l’importance donnée à la parole des jeunes impliqués dans des faits de délinquance et des acteurs de terrain dans le domaine de la répression et de la prévention de la délinquance juvénile. Un grand nombre de jeunes, que rien ne prédispose à la délinquance dans leur entourage proche, basculent à la préadolescence ou à l’adolescence dans l’incivilité généralement sous l’influence de leurs pairs. Comment les facteurs environnementaux d’une part et individuels d’autre part interviennent pour expliquer le passage à l’acte d’un individu plutôt qu’un autre? Cette étude montre comment les facteurs liés à l’environnement du jeune, qui inclut le milieu social, le quartier d’habitation, la cellule familiale, expliquent pour une grande part l’acte déviant. Cependant, au sein de cette population juvénile marquée par un environnement difficile, il apparaît que ce sont les fragilités propres à l’histoire du jeune, notamment le rapport au père, les chocs émotionnels ou encore la place dans la fratrie, qui seront déterminantes. Pour différencier les parcours des jeunes, l’étude se focalise sur les deux principaux lieux de socialisation de l’enfant: la famille et l’école, grâce à l’analyse des récits de vie sous l’angle de «carrières de délinquants», définie comme une suite d’actes délinquants marquée par une trajectoire qui se caractérise en identifiant les différents éléments déclencheurs de la récidive et son rythme d’évolution.  Tout au long de l’étude, la place du malaise identitaire et ses liens avec les actes délinquants restent au centre de nos préoccupations. Pour cette raison, une importance particulière a été accordée à la description historique et sociale des vieux quartiers populaires de l’île dont l’organisation spatiale révèle la différentiation sociale et notamment sur le territoire de la Réunion.

La dernière partie de cette recherche est consacrée aux recommandations concrètes à destination des administrations publiques, des collectivités territoriales et des associations pour des mesures de lutte et de prévention contre la délinquance. Pour élaborer ce chapitre, nous nous sommes demandé quelles sont les mesures qui pourraient réduire la délinquance? Nous avons choisi de séparer ces recommandations par thèmes, qui définissent les grands champs d’action de l’action de prévention et de lutte contre la délinquance.