Terre Zulu


« Terre zulu » : si lointaine dans notre imaginaire et pourtant si proche géographiquement et historiquement. « KwaZulu » : le paradis (Kwa) du Peuple du ciel (Zulu)

En juillet 2003, un accord de coopération est signé entre la province du KwaZulu-Natal et la Région Réunion. Un pas de plus est enfin franchi vers l’intégration de La Réunion dans son environnement géographique. Au-delà d’un espace, les pays de la zone Océan Indien/Afrique Australe ont une histoire commune avec notre île. En effet, de nombreuses similitudes existent entre la province du KwaZulu-Natal et La Réunion. Bien sûr, nous partageons le même océan. Mais surtout, le KwaZulu-Natal est une province à sucre avec tout ce que cela signifie : des paysages modelés par des champs de canne à perte de vue ainsi qu’une population enrichie, comme chez nous, d’une importante communauté d’origine indienne issue de l’immigration d’engagés (1860 à 1911). Aujourd’hui encore, et bien plus qu’à La Réunion, cette province reste une région phare de l’industrie sucrière de la zone Océan Indien avec, en 2003, une production de plus de 2 700 000 tonnes de sucre, soit 13 fois la production de notre île.

Il nous a semblé essentiel de faire une mise en perspective historique et politique de cette province (1ère partie de l’exposition), avant de présenter cette histoire du sucre (2ème partie de l’exposition). L’histoire du KwaZulu-Natal est indissociable de celle, douloureuse, d’une Afrique du Sud d’abord colonisée puis victime de l’apartheid.  Après avoir été le théâtre des guerres entre Zoulous, Boers et Britanniques, le KwaZulu devient un des dix « homelands ». Parqués dans des réserves, les Zoulous, peuple guerrier, mêlent leur culture traditionnelle (3ème partie de l’exposition) à celle du colonisateur. A travers cette exposition, Stella Matutina demeure fidèle à sa vocation en mettant en lumière cette histoire commune du sucre et en valorisant le patrimoine culturel des pays de l’Océan Indien.

 

Geneviève Hernandez-Pothin

Directrice Scientifique et Culturelle


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Exposition « Zoulouland et Natal » Une histoire, des peuples

Musée Stella Matutina du 21 février au 29 août 2004


 

1ère partie : Le KwaZulu-Natal : histoire et politique

 

1.- P. 1 La nouvelle Afrique du Sud

 

Depuis les premières élections multiraciales démocratiques du 27 avril 1994, l'Afrique du Sud est un pays unifié, divisé en 9 provinces. Elle a un immense défi économique à relever. La République Sud-Africaine passait, il y a encore une douzaine d'années, pour un pays riche et industrialisé.  Mais les discours et les statistiques officiels occultaient la réalité du sous-développement vécu par la grande majorité de la population du pays. La puissance économique de l'ancienne Afrique du Sud - celle de la discrimination raciale et du prétendu " développement séparé " (apartheid) - était devenue un mythe. La tâche cruciale et ardue de réduire ces inégalités criantes et de combler ces retards représente un immense défi.

 

1. P 2 Avant les Européens

 

Depuis des millénaires avant l'ère chrétienne, tout le Sud du continent africain était peuplé de groupes humains pratiquant la chasse, la pêche et la cueillette. Le premier homme sur terre est peut-être apparu dans cette partie du monde. Les fossiles trouvés à la frontière du Natal et du Swaziland permettent de considérer que le premier homme sur terre pourrait être originaire de cette partie du monde. Les archéologues ont montré que, dès le troisième siècle de notre ère, au Sud-Est de l'Afrique, au Sud du fleuve Limpopo, des hommes cultivaient la terre  et élevaient du bétail. Ils utilisaient des outils et des armes en fer. A la fin du premier millénaire de notre ère, on trouvait des fermiers sur les terres subtropicales bien arrosées de ce qui est maintenant le KwaZulu, le Transvaal oriental et le Sud du Mozambique. Les populations parlaient diverses langues d'origine bantoue, à la syntaxe similaire et au vocabulaire commun pour l'essentiel.

 

1. P 3 Premiers contacts avec les Européens

 

Ces peuples du Sud de l'Afrique restent isolés du reste du monde jusqu'à la fin du XVème siècle. A cette époque, des navigateurs portugais franchissent le Cap de Bonne Espérance situé sur la route des Indes. Au XVIème siècle, des marins hollandais, anglais, français et scandinaves utilisent cette voie maritime vers l'Asie, s'arrêtant parfois au Cap pour refaire des réserves d'eau et échanger avec les populations locales des objets en fer ou en cuivre contre des moutons ou autre bétail. En 1652, la Compagnie hollandaise des Indes orientales envoie une expédition commandée par Jan van Riebeeck pour occuper les lieux. L'objectif est seulement de créer une petite base fortifiée servant de comptoir de ravitaillement aux navires hollandais faisant route entre les Pays-Bas et les Indes orientales.

 

1. P 4 La Colonie du Cap

 

La Colonie du Cap se développe rapidement. Les Huguenots français plantent des vignes.  Des esclaves sont amenés d'Afrique de l'Est, de Madagascar, de Malaisie. D'emblée, les Blancs d'origine européenne (appelés « Boers ») tiennent à distance leurs esclaves ainsi que toutes les communautés africaines locales. Certains employés de la compagnie sont autorisés à s'installer au Cap ; on leur donne de la terre à cultiver ; leur statut est celui de " free burghers " (paysans libres). La compagnie amène des esclaves au Cap et les fait travailler sous les ordres des Hollandais. Ils créent les infrastructures de base : fort, jetées, quais, routes, vergers, potagers. L'expansion de la colonie hollandaise se fait aux dépens des autochtones, contraints d'abandonner les riches pâturages et les points d'eau situés au Nord du Cap. Le nombre de Métis croît régulièrement ; ils tiennent une place spéciale dans la société coloniale, plus proche des Blancs que ne le sont les Africains. A la fin du XVIIème siècle, lorsque la France révoque l'Edit de Nantes et ne tolère plus les protestants, les bateaux de la compagnie amènent au Cap des Huguenots d'origine française,qui s'installent comme viticulteurs.

 

1. P 5 Britanniques et Boers s'affrontent

 

Le développement de la Colonie du Cap suscite la convoitise des Britanniques. Les divergences ne cessent de croître entre Boers et Britanniques. Ces derniers critiquent la subordination des gens de couleur par les Boers. En 1795, l'Angleterre prend aux Hollandais la Colonie du Cap. Mais par traité en 1803, les Hollandais la reprennent. En 1806, les Anglais reconquièrent cette Colonie. A partir de 1834, la politique britannique d'abolition de l'esclavage exaspère les Boers. Certains se regroupent pour entreprendre le "Great Trek" ("Grand Voyage"). Entre 1836 et 1854, ces pionniers ("Voortrekkers") traversent le "veld" en direction du Nord-Est. Pour protéger les personnes et les animaux, ils forment un « laager »,  campement de chariots attachés les uns aux autres.  Ils sont déterminés à retrouver leur indépendance et un espace où faire paître leurs troupeaux et établir une société basée sur la crainte de Dieu.

 

1. P 6 Les communautés africaines au KwaZulu Natal

 

Jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, les communautés africaines pratiquant l'agriculture et l'élevage sont très peu touchées par la colonisation européenne. Elles vivent en petites chefferies. Avec l'augmentation lente et régulière de leurs populations, les membres des familles dirigeantes quittent leur communauté pour en fonder d'autres. Cette expansion est freinée puis arrêtée par l'insuffisance de terres arables à la limite du désert du Kahalari au Nord-Ouest et dans les montagnes au Sud des hauts plateaux (" highveld "). Les luttes pour des terres arables et les points d'eau s’exacerbent alors.

 

1. P 7 Création de l'empire zoulou

 

Dans la région de l'actuel KwaZulu Natal, entre 1817 et 1828, le "Mfecane", période de troubles, voit s'affronter des royaumes rivaux. Les Zoulous conquièrent les terres de leurs voisins. Né en 1787, Shaka est le fils aîné de Senzangakona, chef du petit royaume zoulou. Génie militaire, il peut se montrer cruel et sans pitié si la situation l'exige. A l'issue de plusieurs expéditions victorieuses, il réussit à réunir les tribus éparses en une seule nation puissante, dont il est considéré comme le fondateur.

 

1. P 8 Guerre Boers/Zoulous

 

Les zoulous sont un peuple guerrier réputé d'un grand courage. Cependant la supériorité des armes des pionniers boers leur assure la victoire. En 1838, des pionniers boers menacent le territoire zoulou. Dans un  premier temps, les guerriers zoulous, les " impis " attaquent les campements des émigrants et s'en rendent maîtres. Mais, aidés par des renforts venus du Cap, les pionniers, grâce à la supériorité de leurs armes, infligent une cuisante défaite aux Zoulous, à la bataille de Blood River. Ils s'installent au Natal, partout où ils trouvent des points d'eau et de bons pâturages. Ils s'organisent pour former la République du Natal (1839). Seuls les Boers en sont citoyens à part entière, à l'exclusion des gens de couleur.

 

1. P 9 La politique des Britanniques

 

Dès 1843, les Britanniques ramènent le Natal dans l'Empire. Le gouvernement colonial s'efforce de regrouper les Africains dans des " réserves " afin de dégager des terres sur lesquelles peuvent prospérer les fermiers blancs. Le représentant du gouvernement colonial du Cap, l'administrateur Theophilus Shepstone, est chargé de contrôler les populations africaines. Pénétré de la grandeur de l'empire britannique, il est désireux de "civiliser" Les Africains. Le racisme prévaut dans les relations entre colons et autochtones. Les colons considèrent le Natal comme une colonie blanche et les Africains comme des étrangers. Les missionnaires sont les seuls Blancs à aider les Africains du Natal à s'adapter à la situation coloniale. La découverte de diamants en 1867 et d'or en 1886 aiguise la convoitise des Britanniques. Ils entreprennent d'annexer les territoires zoulous en 1887. Ils combattent les Boers et triomphent à la fin du siècle.

 

1. P 10 La ségrégation raciale au début du 20ème siècle

 

En 1910, la Colonie du Cap, le Natal, le Transvaal et l'Etat Libre d'Orange se réunissent pour former l' "Union d'Afrique du Sud", qui fait partie de l'empire britannique. Des lois sont adoptées pour instaurer la discrimination raciale dans tout le pays.  Les Africains ne peuvent acquérir des terres que dans les réserves, qui représentent seulement 11,5% de la surface du pays (lois de 1913 et de 1936). Le gouvernement essaie également de contrôler les Africains dans les villes, où on leur attribue des quartiers séparés, les "townships". Ils ne sont pas représentés au parlement.  Dans les mines et dans l'industrie, le travail est également organisé sur une base raciale. Les conditions de travail et de vie des travailleurs africains sont particulièrement difficiles.

 

1. P 11 1948 : l'apartheid

 

A partir de 1948, la ségrégation raciale est officialisée dans la vie de tous les jours. Le " grand apartheid " divise le pays en zones " blanches" et en " homelands " pour les différentes ethnies africaines. Victorieux aux élections générales de 1948, le Parti National, majoritairement composé d'Afrikaners (descendants de Boers) peut appliquer sa politique d'apartheid ou " développement séparé ". Les dix morceaux de territoire (" homelands ") prévus pour les Africains ne représentent que 13 % de la superficie du pays. Ils sont censés satisfaire les besoins de 16 millions d'Africains, alors que 4 millions de Blancs se partagent les 87% de la superficie restante. Empêchés de s'installer durablement dans les villes et les centres industriels blancs, les Africains peuvent venir y travailler avec un permis temporaire ("pass"). Les Blancs s'assurent ainsi d'un flot intarissable de main d'oeuvre à bon marché.

 

1. P 12 Le KwaZulu : un " homeland "

 

L'objectif du gouvernement du Parti national était d'accorder progressivement l'autonomie interne aux dix "homelands". Mais le KwaZulu refuse cette fausse "indépendance".

Le gouvernement voulait octroyer l'indépendance aux " homelands " et retirer aux citoyens de ces "Etats " devenus indépendants la nationalité sud-africaine. Les populations noires en situation illégale sur les terres de l’Afrique du Sud « blanche » sont déplacées de force vers les homelands. Le Transkei se voit accorder l'indépendance en 1976, le Bophuthatswana en 1977, le Venda en 1979 et le Ciskei en 1981. La communauté internationale critique de plus en plus le gouvernement de Pretoria. L'O.N.U. décide d'appliquer des sanctions à l'Afrique du Sud. Le mouvement du refus de l'apartheid s'amplifie grâce à l'action du chef zoulou Buthelezi. Il résiste avec force aux propositions d'un KwaZulu indépendant et écarte la notion même de " homeland ", qu'il juge corrompue. Si Buthelezi, en 1984, acceptait l'indépendance, six millions de Zoulous perdaient la nationalité sud-africaine.

 

1. P 13 La lutte du parti Inkatha de Buthelezi contre l'ANC

 

Dans la région du KwaZulu, des luttes ancestrales opposent les communautés zouloues et xhosas. Dans les années 1980, les Zoulous du parti Inkatha s'opposent violemment à l'ANC de Nelson Mandela. Les Africains d'Afrique du Sud s'organisent pour lutter contre l'apartheid. Chef du " homeland " du KwaZulu, Buthelezi transforme Inkatha, initialement mouvement culturel voué à la promotion de la nation zouloue, en parti politique. Le " Inkatha Freedom Party " est presque exclusivement composé de Zoulous. En même temps, l' "African National Congress ", parti de Nelson Mandela, renonce à la résistance passive et se lance dans la lutte armée. Emeutes, sabotages, boycotts s'intensifient à travers tout le pays dans les années 1980. Les " townships " sont gérés par des comités populaires. Le gouvernement déclare l'état d'urgence. Le pays est au bord de la guerre civile. Le gouvernement de Prétoria tente de se rapprocher secrètement de l'ANC pour envisager une solution pacifique au conflit.

 

1. P 14 "Freedom Alliance"

 

Avant les élections d'avril 1994, le parti Inkatha craint la victoire de l'ANC et la naissance d'une Afrique du Sud unifiée. Il se rapproche de divers partis conservateurs pour former la " Freedom Alliance " et réclamer l'autonomie pour les Zoulous. En 1989, De Klerk devient chef du Parti National, puis président de l'Afrique du Sud. En 1990, il légalise tous les partis d'opposition et libère Mandela. Le gouvernement et l'ANC négocient pour préparer la transition politique. Les exilés rentrent en Afrique du Sud. Buthelezi critique le rapprochement de Mandela avec le Parti National et refuse longtemps de s'asseoir à la table des négociations. La violence des affrontements entre Inkatha et ANC s'intensifie.  Cependant, quelques jours avant les élections, l'esprit de compromis et de réconciliation l'emporte et le parti Inkatha participe au scrutin national.

 

1. P 15 Le KwaZulu-Natal aujourd’hui

 

Le pays est divisé en neuf provinces dont les tracés ont tenu compte du passé et d'un équilibre entre villes et campagnes/régions pauvres et régions riches. L'ancien " homeland " du KwaZulu se retrouve inclus dans la province du " KwaZulu-Natal ". Buthelezi est Ministre de l'Intérieur de l'Afrique du Sud. Dans la nouvelle Afrique du Sud unifiée, les " homelands " ont été effacés de la carte. Néanmoins, les terres tribales sur lesquelles les chefs Zoulous « Amakhosi » ont toujours une forte influence, persistent. La superficie de la province du KwaZulu-Natal est de 91 481km2 pour environ 9 millions d’habitants. En 1994, 25% de la population était au chômage et 35% analphabète. Les récentes élections municipales ont consacré un nouveau découpage administratif ayant pour objectif le développement des zones rurales profondes. Comme l'ensemble du pays, la province du KwaZulu Natal a de sérieux atouts pour relever des défis :

- son climat diversifié, tempéré et subtropical permettant une large variété de cultures (canne à sucre et bois).

- ses ressources humaines, tout particulièrement le savoir-faire des élites et des corps intermédiaires. La discrimination positive (« affimative action ») et le « black empowerment » (aider les chefs d’entreprises noirs) permettent l’émergence d’une classe africaine aisée et éduquée.

-  ses infrastructures (équipements urbains, parc immobilier, moyens de transport et  de communication) modernes et régulièrement entretenus. Durban est au coeur de l'activité économique de la province. Son port est le plus important d’Afrique par sa pluri-fonctionnalité.

 

2ème partie : la canne à sucre et les Indiens au KwaZulu-Natal

 

 

Chronologie de l’industrie sucrière au KZN

 

1838

Introduction de la culture du coton au Natal.

1840

La Couronne Britannique met des terres du Natal à disposition pour la colonisation européenne.

1842

Expédition britannique de Port-Natal.

Déclaration d’indépendance des Boers.

1845

Création de schémas de colonisation et de peuplement du Natal par des compagnies privées britanniques.

1847

Premier mouvement d’émigration de Maurice vers le Natal suite à la faillite de la Banque de Maurice.

Début de la culture de la canne à sucre au Natal.

1850

25 travailleurs mauriciens arrivent au Natal pour cultiver la canne à sucre.

1852

Première production de sucre sur la propriété de Compensation de Edmund Morewood.

1853

Création de la Natal Sugar Company

1854

Première vente publique de sucre aux enchères sur le marché de Durban.

Première exportation de sucre de canne du Natal.

1855

Première centrifugeuse importée de Maurice avec son moteur à vapeur pour la production industrielle de sucre.

1857

Abandon de la culture du coton au Natal.

1860

Début de « l’engagisme » : importation de main d’œuvre indienne au Natal.

1865

Premier moulin sucrier à vapeur possédé par des Africains à Amamzimtoti.

1868

Première exportation de rhum du Natal.

1869

Début du miller-cum-planter : principe du « moulin central » concentration des usines sucrières. Emergence d’une « sugarocratie ».

1874

Première implantation massive de capitaux et de main-d’œuvre mauriciens au Natal.

1877

Démarrage de l’usine sucrière de Mount Edgecombe.

1890

L’industrie sucrière du Natal est concentrée entre les mains de 8 grandes familles.

Démarrage de l’usine sucrière d’Illovo.

1892

Création de la compagnie Hulett’s.

1894

Démarrage de l’usine sucrière de Tongaat

1900

La production de sucre annuelle atteint 16 000 tonnes avec 30 moulins en opération et 2 600 hectares de terre sous canne.

1904

Démarrage de l’usine sucrière de Tinley Manor.

1905

Première concession ouverte au Zoulouland.

1908

Première canne à sucre récoltée au Zoulouland.

1913

Démarrage de l’usine sucrière de Sezela.

1916

Démarrage de l’usine sucrière de Chaka’s Kraal.

1919

La société mauricienne Stafford Mayer  rachète l’usine Umvoti rebaptisée Melville.

1919

Création de la South African Sugar Association (SASA) outil de gestion de l’industrie sucrière, incluant planteurs et usiniers.

1925

Création de la station d’expérimentation de Mount Edgecombe.

1926

Création de la South African Sugar Technologist’s Association (SASTA) chargée de diffuser l’information technique.

Le moulin sucrier de Tongaat cesse son activité.

1930

Nouvelle phase d’évolution technologique : adoption du contrôle chimique dans le processus de fabrication.

1930

La production sucrière du Natal dépasse celle de Maurice.

Les planteurs créent la South African Cane Growers’ Association.

1936

Partition de la SASA : un Sugar Industry Central Board est créé.

Le Sugar Act  fixe les coûts de production.

1939

La production annuelle de sucre atteint les 475 000 tonnes pour 23 moulins en opération et 145 000 hectares sous canne.

1949

Création du Sugar Milling Research Institute (SMIRI), organe scientifique de recherche.

1952

La région du Transvaal oriental est ouverte à la culture de la canne.

L’usine de Reynolds, Espéranza, est déplacée à Pongola.

La Melville Sugar Company est rachetée par le South African Board Mills.

1964

Le gouvernement sud-africain autorise l’allocation de quotas de production dans de nouvelles régions où la canne n’est pas encore cultivée.

1966

Une nouvelle usine est construite à Malelane (Transvaal) par un groupe afrikaner, Transvaalse Suikerkorporasi.

Dans les Natal Midlands, le groupe Illovo construit l’usine de Jaagbaan qui deviendra Noodsberg.

1973

Le consortium Smith-Tongaat-Huletts possède 11 des 19 moulins sucriers encore en activité.

70% des cannes broyées par les usines proviennent de 2000 planteurs blancs indépendants.

1980

Les intérêts miniers et financiers pénètrent l’industrie sucrière. Barlow Rand prend le contrôle de C.G. Smith, l’Anglo American prend 20% des parts de Tongaat et Hulett’s. Par cette acquisition, l’Anglo American devient le plus gros planteur, usinier et raffineur d’Afrique du Sud.

Fin de la « sugarocratie ».

1985

Production record de 2 370 000 de tonnes de sucre de canne.

1996

Ouverture du nouveau moulin d’Illovo, Eston Mill.

1997

Illovo acquiert la division sucrière de la Lonrho.

2003

Il reste 15 usines en activité, dont cinq appartenant à Illovo et sept à Tongaat-Hulett. Le secteur usinier emploie un total de 11 000 personnes.

. La superficie cultivée en canne dans la ceinture sucrière est de 412 000 hectares. 20 millions de tonnes de cannes à sucre sont produites annuellement. La production de canne à sucre se répartit entre les miller-cum-planter (16,5 % de la canne broyée par les usines), les planteurs européens au nombre de 2 000 (66 % de la canne broyée) et les petits planteurs africains sur les terres sous autorité tribale qui, au nombre de 47 000, comptent pour 17,5 % de la canne broyée.

Production record de 2 763 000 tonnes de sucre.

 

 2. P1 – La plantation sucrière au Natal et au Zoulouland

 

La culture de la canne à sucre au KwaZulu-Natal se concentre sur la côte, le long du « sugar belt » (ceinture sucrière). Le schéma de la plantation sucrière Natal est différent de celui du Zoulouland. Au Natal, le système de plantation sucrière mis en place initialement en 1847 se caractérise par le fait que chaque planteur possède son propre moulin sucrier. Ce système décentralisé s’impose au détriment du système de métayage qui caractérise les réserves africaines. Il permet ainsi de disqualifier les Africains au profit des Européens dans la production sucrière. Avec l’industrialisation en 1869 se met en place au Natal le système de « miller-cum-planter » (usine centrales), qui sépare les activités de production industrielle du sucre et les opérations agricoles. Ce système entraîne la disparition des petits moulins individuels.

Lorsque le Zoulouland est ouvert à la colonisation en 1905, l’Etat, par le système de concessions, cherche à empêcher l’introduction du système de miller-cum-planter et à favoriser l’installation des petits planteurs européens. Ainsi, à la différence du Natal, l’expansion sucrière au Zoulouland se caractérise par un système où les moulins centraux sont approvisionnés par des cannes provenant des petits planteurs uniquement, c’est-à-dire une entière dissociation entre la plantation et le moulin.

 

2. P 2 - Le rôle des Mauriciens

 

Le modèle mauricien a été déterminant dans le développement de l’industrie sucrière au Natal, du démarrage de la plantation à l’industrialisation, en passant par l’importation de main-d’œuvre et de technologies. L’immigration mauricienne au Natal commence en 1847. Certains de ces pionniers font souche au Natal, comme James Renault Saunders, né en 1818 à Maurice. Ces premiers arrivants introduisent la culture de la canne à sucre. Il existait alors une canne endogène, cultivée par les Zoulous, mais elle ne sera jamais cultivée à échelle commerciale. Le monopole de Maurice sur les variétés introduites ne diminue qu’après 1883 avec l’introduction de la canne Uba du Brésil et qui s’impose comme la variété prépondérante au Natal. L’industrialisation sucrière s’effectue également grâce à la technologie mauricienne. La première centrifugeuse introduite au Natal pour produire du sucre est importée de Maurice en 1855. Un grand nombre de capitaux mauriciens investissent dans l’industrie sucrière au Natal, comme la compagnie Melville fondée en 1919 à partir du transfert des équipements d’une usine mauricienne. L’industrie sucrière du Natal est également tributaire des compétences mauriciennes. Jusque dans les années soixante, les sucriers du Natal préfèrent importer la main-d’œuvre mauricienne plutôt que de former des compétences locales. Maurice est alors le principal fournisseur de directeurs d’usines, ingénieurs, contremaîtres et chimistes du Natal.

 

2. P 3 - L’immigration indienne et le modèle mauricien (1857-1911)

 

L’introduction des engagés indiens au Natal se fonde sur le modèle mauricien. Au Natal, l’immigration indienne s’impose contre l’emploi de main-d’œuvre africaine.

 

En 1854, le Natal exporte son sucre pour la première fois. L’essor de la production sucrière rend ainsi nécessaire l’accroissement de la main-d’œuvre sur les plantations. La main-d’œuvre engagée indienne est plus coûteuse que la main-d’œuvre locale. Pourtant, un lobby sucrier proche des milieux mauriciens obtient en 1857, le vote d’une législation autorisant l’immigration indienne. Cette législation se fonde sur celle en vigueur à Maurice. Entre 1860 et 1911, un total de 152.184 engagés indiens arrive au Natal, dont une large majorité travaille sur les plantations.

Pourtant, lorsque l’immigration indienne prend fin en 1911, les planteurs nataliens ne restructurent pas la main-d’œuvre sucrière sur le modèle mauricien. Au Natal, aucune mesure n’est prise pour retenir les anciens engagés indiens au sein du système sucrier. Ils sont remplacés par des travailleurs tsongas du Mozambique.

 

2. P 4 - Les sugarocrates du Natal

 

L’introduction en 1869 du système de miller-cum-planter (moulins centralisés) a pour effet l’émergence d’une élite sucrière, appelée « sugarocratie ». La sugarocratie émerge du processus de concentration des terres qui suit la mise en place du système d’usines centrales. Elle est composée de sept grandes familles issues de milieux bourgeois de l’Angleterre victorienne : Campbell, Reynolds, Crookes, Pearce, Armstrong, Hulett et Smith, et de la famille de James Renault Saunders, né à Maurice.

Ces huit familles acquièrent une position dominante grâce à la possession de distilleries, à l’accès aux technologies étrangères et à la constitution d’un actionnariat en Grande-Bretagne pour leurs usines. A partir de 1930, les sugarocrates investissent hors de l’Afrique du Sud, en particulier à Maurice, en Rhodésie et au Swatziland. Sous l’effet de la concurrence interne, la sugarocratie se rétrécit et finit par disparaître. A la fin des années 1970, il ne reste plus que 17 usines en opération au Natal contre 75 un siècle auparavant. Six sont contrôlées par le groupe C.G. Smith, cinq par Hulett et une par Tongaat (famille Saunders). La pénétration des capitaux miniers dans l’industrie sucrière sonne le glas des familles de sugarocrates.

 

2. P 5 Le souffle de Gandhi

 

Mohandas Karamchand Gandhi arrive en 1893 au Natal. Avocat de profession, il pense y séjourner quelques semaines pour défendre le cas

d'un client. Touché par la situation de ses concitoyens, il y restera vingt ans (1893-1913). Frappé par l'exclusion subie par les Indiens, Gandhi décide de se consacrer à cette communauté et de mettre ses compétences à leur service. En 1894, il crée le premier parti politique indien, le Natal Indian Congress. Le but de Gandhi est de combattre les injustices que subissent les Indiens. Pendant vingt ans, il s'opposera aux restrictions, à l'exclusion sociale et à la ségrégation dont les Indiens font l'objet. Gandhi marquera l'histoire des Indiens en Afrique du Sud grâce à ses nombreuses actions non-violentes et de résistance passive.

 

2. P 6 La force de l'union

 

Opprimés par le régime de la ségrégation des années 1940, les populations indienne, métisse et africaine décident de s'unir pour contrer plus efficacement le gouvernement Hertzog. L'African National Congress et les deux partis politiques indiens, le Natal Indian Congress et le Transvaal Indian Congress forment une coalition d'unité interraciale contre le parti au pouvoir, le United Party. La première initiative d'union intercommunautaire est prise en 1947 par trois médecins. Deux d'entre eux sont d'origine indienne, Dadoo et Naicker, le troisième est d'origine africaine, le docteur Xuma. Ils signent un pacte, le « Three Doctors' Pact », qui promet à leurs communautés respectives de s'engager dans un même combat pour un même but : la fin de la répression gouvernementale. Le pouvoir en place prend peur. Il tente alors de diviser pour régner en accordant des privilèges aux Indiens et aux Métis et lèse ainsi la communauté africaine. Ce qui donne lieu à la « Tagel War » de la fin des années 1940 et aux massacres de Grey Street entre Indiens et Africains à Durban en 1949.

 

2. P 7 Le Group Areas Act

 

Daniel Malan mène le National Party au pouvoir en 1948. Le Group Areas Act est la principale loi votée en 1950 par ce gouvernement. Cette loi concrétise l'apartheid (développement séparé), à l’échelle locale, en séparant la population sud-africaine en communautés distinctes selon leurs origines raciales.

Le Group Areas Act redessine toutes les villes d'Afrique du Sud en zones blanches et en zones " non-blanches " : indiennes, métisses et africaines. Dès la mise en vigueur de cette loi, de nombreuses familles indiennes de Durban sont expropriées car cette ville est déclarée zone blanche par les autorités. Beaucoup de commerçants sont forcés de vendre leurs boutiques à moindre coût. Les Indiens sont relogés dans les townships de Chatworth et de Phoenix, des quartiers populaires très éloignés du centre ville. Au KwaZulu-Natal, les quartiers indiens sont en position intermédiaires entre les quartiers blancs et les townships noirs et autres camps informels africains.

 

 

2 P 8 Les Indiens au KwaZulu-Natal

 

Même si les Indiens restent la partie minoritaire de la population sud-africaine, ils forment la diaspora la plus importante du Monde en dehors de l’Inde avec pas moins d’un million d’indiens Sud-Africains dont plus de la moitié installée au KwaZulu-Natal.

 

L’année 1860 a vu débarquer près de 500 Indiens à Durban. Au début du 20ème siècle, ils sont 122 000 Indiens vivant exclusivement au KwaZulu-Natal. En 1950, l’Afrique du Sud compte 367 000 habitants d’origine indienne. De nos jours, il y a 45 millions de Sud-africains dont 1 million d’Indiens, soit 2% de la population totale. Plus de la moitié d’entre-eux vivent au KwaZulu-Natal. Face à une telle concentration de population d’origine indienne, cette diaspora a créé le South African Federation pour promouvoir la culture indienne et lui donner toute son importance.

 

 

 3ème partie : la culture Zouloue

 

 

3.  P 1 L' habitat

 

 

La maison traditionnelle zouloue, nommée "umuzi" est constituée de plusieurs huttes faites de chaume. L' "umuzi " est circulaire et comprend

une étable et une ruche en son milieu. L' "umuzi " est constituée de plusieurs huttes pour abriter les différents membres de la famille. La mère du chef de famille habite l'une d'elle. Le chef en possède une, ainsi que chacune de ses épouses. Les filles du chef de famille habitent toutes dans une même hutte. Les jeunes garçons habitent ensemble dans une autre hutte. Au milieu de cet ensemble de huttes disposé en cercle, le bétail et la ruche sont gardés. Les Zoulous enterrent également leurs ancêtres à cet endroit. L’ «umizi » traditionnelle détient toujours une place importante dans la société zouloue, y compris dans les townships urbains d’apartheid.

 

3. P 2 La structure sociale

La structure de la société zouloue est patriarcale. Les rôles y sont clairement définis. Chacun des membres de la famille a des droits et des

devoirs mais tous sont gouvernés par les plus âgés. Les Zoulous croient que chaque personne a une place spécifique au sein de la hiérarchie sociale. Le chef de famille, appelé "umnumzane", fait figure d'autorité. La personne âgée tient le rôle de juge, "induna", et

contrôle les actions du chef. Le rôle des femmes est secondaire. La polygamie est une norme sociale. Dès leur enfance, les filles sont éduquées pour obéir aux hommes et leur montrer le plus grand respect.

 

3. P 3 Les vêtements traditionnels

 

Les vêtements traditionnels zoulous sont confectionnés à partir de peaux d'animaux, de plumes et de perles. Ces vêtements protègent du froid et les perles servent de bijoux et d'ornement. Les hommes portent des huppes de queues de vaches sur les avant-bras et en dessous des genoux. Ils portent un tablier fait de rangs de pompons de peaux très serrés de façon à cacher leurs parties génitales. Un tablier de cuir de veau cache les fessiers. Les peaux de léopard sont portées par les membres de la famille royale, les "indunas" et les chefs.

 

3. P 4 La poterie

 

La poterie fait partie intégrante de la tradition zouloue. Les femmes fabriquent les objets de poterie avec fierté et marchent même des kilomètres pour obtenir la meilleure argile. L'argile est finement broyée à l'aide d'une roche, puis pétrie avec de l'eau et les femmes leur donnent ensuite la forme de longues bandes. Ces bandes sont superposées en spirale jusqu'à ce que la forme désirée soit obtenue. Les pots d'argile sont alors cuits, ce qui leur donne cette couleur noire si caractéristique.

 

3. P 5  La cuisine traditionnelle

 

Les plats quotidiens sont à base de mais, citrouilles, patates douces, légumes et de sorgho. La viande est considérée comme un mets de luxe par les Zoulous. La cuisine est exclusivement une activité féminine. Elle est simple. La viande est un luxe et ne se consomme que lors des cérémonies. Le plat préféré des Zoulous est un porridge grumeleux à base de mais moulu, connu sous le nom de "uphuthu". Ce plat est accompagné de lait caillé, "amasi",  considéré comme un mets délicat. La nourriture est conservée dans des gourdes ou des paniers qui ne sont jamais lavés car remplis à nouveau chaque jour.

 

 

3. P 6 Tradition et hospitalité

 

 

Traditionnellement, le peuple zoulou est de nature hospitalière. Il est de coutume de respecter ses hôtes et de leur offrir le meilleur. Personne n'entre dans un "umuzi" sans l'accord de son chef. La porte de l' "umuzi" est gardée par le fils aîné du chef de famille. Il est chargé de surveiller les allées et venues. Les hôtes assistent à une démonstration de respect, "siyakhuleka ikhaya" signifiant "le salut à la maison" pendant lequel le fils du chef chante la gloire de son père, sa richesse, le nombre de ses femmes et ses ancêtres. On offre de la bière à base de sorgho aux invités comme marque de bienvenue. Le refuser est considéré comme une offense et un manque de respect.

 

3. P 7 Danse, chants et musique

 

Les Zoulous sont connus pour leurs belles voix et leur sens du rythme. La musique, la danse et le chant tiennent une grande place dans leur vie. La danse zouloue est très rythmée. Elle est pratiquée par les hommes et les jeunes filles. Ils dansent en groupes séparés. Un groupe répond à l'autre en chantant, tapant des mains et en sifflant. Les hommes apportent à leur danse des gestes de bataille et de chasse. Les Zoulous adorent la musique. Ils passent une large partie de leurs journées à jouer de la musique, en chantant et en dansant. La musique tient une grande place dans les cérémonies. Les Zoulous jouent d'instruments à corde et à vent. Les instruments traditionnels les plus importants sont le tambour et le sifflet.

 

3. P 8 Les  guerriers

 

Les Zoulous ont un glorieux passé militaire. Ils sont les descendants d'une puissante nation de guerriers. Le peuple zoulou ne connaît pas la peur. Il est doué pour la guerre. Shaka reste la plus grande figure de roi-guerrier zoulou. Shaka a fait de la nation zouloue une nation disciplinée, très bien entraînée et élevée dans l'esprit de la conquête. A l'âge de 10 ans, les jeunes garçons reçoivent leur première lance. A 12 ans, ils partent dans les camps militaires pour apprendre à se battre et à acquérir les notions de respect, de discipline et d'éthique. Les jeunes sont affectés à des régiments en fonction de leur âge.

 

3. P 9 Les rites de passage

 

La cour, le mariage et la mort sont des rites de passage très importants dans la vie des Zoulous. En devenant adultes, ils doivent respecter des rituels sociaux précis. Avant son passage à l'âge adulte, la jeune fille s'isole deux mois pendant lesquels elle apprend les secrets de la féminité et les devoirs d'épouse. Une cérémonie est ensuite célébrée pour sa venue dans le monde des adultes. Les jeunes garçons doivent être matures pour pouvoir quitter leur cercle familial. Ils doivent faire la cour à la jeune fille qu'ils aiment. C'est elle qui choisit son futur mari. La cérémonie du mariage est grandiose et festive. On danse, on chante et on boit de la bière. La mariée porte un voile de laine qui symbolise sa modestie et sa servilité. Le bétail sert de dot.  La mort obéit à un rituel précis. Les Zoulous respectent la tradition en enterrant le mort dans l'étable pour que le défunt soit en paix avec les esprits des anciens. Ainsi son âme sera absorbée par la terre et restera à jamais au sein de la maison.

 

3. P 10 Médecine traditionnelle et sorcellerie

 

La médicine traditionnelle zouloue et la sorcellerie sont intimement liées. Les Zoulous croient aux pouvoirs des ancêtres et des devins qu'ils consultent régulièrement. Lorsqu'ils sont malades ou ont des problèmes, les Zoulous font appel aux "sangomas" (devineresses) qui évoquent les esprits des ancêtres et communiquent avec eux. Elles guérissent les malades pendant des séances de spiritisme, de jetés d'os et de sacrifices d'animaux. Les "sangomas" travaillent avec des guérisseurs traditionnels, "iyangas", qui ont une grande connaissance des plantes et des racines. Cette science se transmet de génération en génération. Contrairement aux "sangomas" qui ont des pouvoirs divinatoires, les "iyangas" soignent leurs patients à l'aide de médicaments à base d'écorces, de fruits, de feuilles et de racines mixés appelés "muthi".

 

3. P 11 La religion

 

La religion zouloue est animiste. Les Zoulous ne croient pas en un dieu. Ils croient aux esprits de la nature et des ancêtres. Les Zoulous ont une foi profonde et inébranlable en la nature. Ils croient aux pouvoirs des montagnes, des forêts et des esprits des animaux. Cette croyance est toutefois mélangée aux croyances chrétiennes introduites par les missionnaires européens il y a plus d'un siècle. Ils croient à la sorcellerie et en un être suprême qu'ils appellent "uNkulunkulu". Les sacrifices d'animaux sont effectués pendant les cérémonies religieuses. Ces sacrifices sont destinés aux esprits des ancêtres pour obtenir de la pluie pendant les périodes de semailles et de récolte, mais également pour obtenir la protection et la guérison.

 

Historique et chronologie réalisés par Catherine Boudet